Quitter le rayon, disparaître du regard ?
A · Note de service
Les ouvrages signalés dans la liste seront retirés des rayons en accès libre1 et placés en réserve2. Leur notice restera dans le catalogue, avec la mention « à demander au bureau ». Aucun de ces exemplaires ne sera détruit dans le cadre de cette opération. Le déplacement vise à dégager de la place pour les acquisitions récentes.
B · Lettre d’une lectrice
Je ne confonds pas la réserve avec la poubelle. Mais un livre qu’il faut déjà connaître pour le demander n’a plus la même présence3. La promenade entre les rayons permet des rencontres que la recherche d’un titre4 ne remplace pas. Le maintien au catalogue ne suffit donc pas à maintenir toutes les formes d’accès.
C · Réponse de la bibliothécaire
Cette distinction est juste. Nous pourrions rendre une partie de la réserve visible par des sélections tournantes5, sans prétendre retrouver exactement l’expérience du rayon. Il faudrait alors expliquer les critères de ces sélections : une visibilité organisée peut ouvrir des découvertes, mais elle opère aussi de nouveaux choix6.
Read it in English
The works listed will be removed from open-access shelves and placed in storage. Their records will remain in the catalogue, marked ‘request at the desk’. None of these copies will be destroyed as part of this operation. The move aims to free space for recent acquisitions.
I do not confuse storage with the rubbish bin. But a book you must already know about in order to request it no longer has the same presence. Browsing between shelves allows encounters that searching for a title does not replace. Keeping a catalogue record therefore does not preserve every form of access.
That distinction is right. We could make part of the stored collection visible through rotating selections, without pretending to recreate exactly the shelf experience. We would then need to explain the criteria for those selections: organised visibility can enable discoveries, but it also makes new choices.

